L’importance des langues étrangères quand on est timide

L’importance des langues étrangères quand on est timide

16/08/2019 1 Par Arzu

Cet article qui fait écho à celui que j’ai publié cette semaine sur mon autre blog OSER VOYAGER SEULE et où j’explique que je voyage seule pour être moins timide. 

En effet, les langues étrangères en général et l’italien en particulier m’ont aidée à me rendre compte que j’étais capable de vivre en société malgré la timidité. 

 

Petit retour en arrière pour mieux comprendre d’où je pars 

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été timide même si je me voilais la face en affirmant que jétais juste réservée. 

Sauf que si c’était vraiment le cas, je n’aurais eu aucun mal à communiquer avec les membres de ma propre famille en dehors des personnes que je voyais tous les jours. 

 

J’étais extrêmement mal à l’aise quand on recevait des invités à la maison, que ce soit de la famille proche/éloignée ou les amis de mes parents que je connaissais depuis toujours. 

J’avais sans arrêt peur que quelqu’un me parle et me pose des questions, que tous les regards se posent sur moi dans l’attente de ce qui sortirait de ma bouche. 

 

Dès qu’on s’adressait à moi, je perdais tous mes moyens, disais et faisais n’importe quoi en agressant toutes celles et ceux qui essayaient de me parler. 

C’était ma manière à moi de me protéger pour que l’on arrête de s’intéresser à moi et pour avoir la paix… mais à mon grand désespoir, ça ne marchait pas trop puisque comme je ne me gênais pas pour être méchante, on pensait que j’étais à l’aise avec tout le monde. 

 

La situation n’était guère différente en société 

Déjà à l’école primaire, j’étais comme paralysée lorsqu’il fallait prendre la parole en classe parce que cela signifiait être le centre d’attention des profs et des autres élèves : 

  • Soit j’étais incapable de répondre même si je connaissais la réponse à la question ; 
  • Soit je disais n’importe quoi tellement j’étais paniquée à l’idée de de parler. 

 

Le summum de la timidité remonte quand même au CE2 lorsque la maîtresse a décrété qu’elle n’allait pas m’appeler par mon prénom, mais plutôt par un surnom qu’elle m’avait elle-même donné. 

Je me demande encore comment j’ai fait pour ne rien dire de toute l’année et surtout pour lever la tête à chaque fois qu’elle m’appelait de la sorte comme si c’était tout à fait normal… 

 

Disons que je me suis rattrapée au lycée parce que quand certains profs ne prononçaient pas bien mon prénom pendant des mois (voire des années), je les ignorais en affirmant que je n’avais tout simplement pas entendu mon prénom. 

J’étais peut-être timide, mais je ne voulais pas qu’on le voit pour ne pas me faire marcher sur les pieds donc je me protégeais en agressant verbalement les gens (qui le méritaient dans le dernier exemple). 

 

Mais dès qu’il s’agissait de parler à 1 adulte, je ne savais plus où me mettre pour être invisible  

Lorsqu’il n’était plus question de bien prononcer mon prénom, j’étais incapable de faire des choses toutes simples, et surtout de parler aux adultes. 

C’est simple : je devais toujours me forcer, répéter les phrases dans ma tête encore et encore et c’était physiquement et moralement éprouvant. 

 

J’étais un vrai cas désespéré pour mes parents qui me poussaient à aller vers les autres et à parler à tout le monde : 

  • Ma mère m’envoyait acheter du pain à la boulangerie alors qu’on n’en avait pas besoin puisqu’elle le faisait elle-même ; 
  • Mon père et mes sœurs m’utilisaient pour aller demander des infos aux gens, que ce soit au restaurant, dans les magasins ou dans la rue, etc. 

 

Et c’était toujours le même schéma insupportable et infernal pour moi : j’avais l’impression que je n’en verrai pas la fin, que je n’arriverais pas à poser la fameuse question, à acheter tel ou tel truc au bureau de tabac ou à la poste, à payer à la caisse, etc. 

Je devais à chaque fois me préparer psychologiquement à l’idée de parler à quelqu’un et je répétais dans ma tête tout ce qu’il fallait dire, comme un simple « Bonjour, je voudrais une baguette s’il-vous-plaît », parce que j’avais peur d’oublier un mot. 

J’ai vécu comme ça pendant toute l’enfance et l’adolescence en ne supportant pas que les adultes s’intéressent à moi ou me parlent tout court. 

 

C’est au lycée que j’ai commencé à me transformer grâce aux cours de langues vivantes : d’abord avec l’anglais qui a été l’élément déclencheur, puis avec l’italien qui est la langue de ma vie, et même avec l’espagnol que je détestais (et déteste toujours) profondément. 

Je suis passée de celle qui se faisait toute petite pour que les profs l’oublient et évitent de l’interroger pour ne pas avoir à parler en public à celle qui ne faisait que de parler et qui ne s’arrêtait pas au grand dam des profs et pour le plus grand bonheur des autres élèves. 

 

importance des langues étrangères quand on est timide

L’importance des langues étrangères dans ma vie depuis cette époque 

  

Mais comment expliquer ce changement ? Quel rapport entre les langues et la timidité ?   

Ce qui me bloquait le plus quand des adultes me posaient une question, ou même quand je devais demander des infos à quelqu’un, c’était la possibilité de faire des fautes et de mal prononcer un mot alors que j’étais censée savoir parler correctement pour mon âge.  

Même si au fond je connaissais les réponses et savais (en théorie) comment me comporter dans une situation donnée, je n’étais jamais sûre de moi et des mots que je prononçais 

J’avais toujours peur que l’on m’affirme que je disais n’importe quoi même quand on me demandait comment ça allait, à l’école j’avais peur de me tromper et d’être moquée par les profs et mes camarades, et même à la boulangerie j’avais peur de ne pas arriver à dire les mots justes comme tout le monde, d’être jugée et de déranger tout le monde. 

C’était complètement triste quand j’y repense... et il a fallu que le déclic se produise avec d’autres langues pour que je puisse me sentir à l’aise en société quand je parle français. 

 

Mais pourquoi spécifiquement les cours de langues vivantes et pas les autres ? 

C’était la seule matière où j’avais réellement le droit de me tromper (et autant que je veux) puisque ce n’était pas ma langue maternelle. 

Je pouvais ne pas comprendre un texte/une consigne ni ce qu’on me disait parce que j’étais justement là pour apprendre. 

 

Ne pas comprendre les maths, les sciences ou la géographie et ne pas réussir à en parler, ce n’était pas normal pour moi et on me le faisait bien ressentir. 

Avec les langues, même si je n’arrivais pas à saisir toutes les nuances ni à dire les mots justes, ce n’était pas grave. 

 

Ce n’était PLUS grave. 

 

Et c’est ce petit détail qui faisait que je progressais de jour en jour. 

Plus je me trompais et plus j’avais envie de parler, de parler et de parler en anglais, en italien et en espagnol. 

Et à ma grande surprise, ce sont les profs qui devaient m’arrêter pour laisser la parole aux autres. 

 

C’est comme cela que j’ai commencé à oser parler en public en langues étrangères malgré ma timidité… mais en français, ce n’était pas encore tout à fait ça. 

 

J’ai continué ainsi jusqu’à la fin de ma Licence en me forçant à avoir des interactions sociales et un comportement dit normal, mais j’avais toujours besoin de préparer mon texte à l’avance et de le réciter dans ma tête. 

 

Le vrai miracle a opéré quand je suis partie vivre et voyager seule en Italie.

Et pour découvrir ça, tu peux lire mon article où j’explique que je voyage seule pour être moins timide. 

 

Et toi, tu deviens une autre personne quand tu parles italien ou d’autres langues étrangères ? Tu arrives à être moins timide ? 

 

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